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je suis d accord pas du photo de bagneux et encore moins du port galand j y vis depuis 1974
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bonjour,
je suis un petit neveu de fernand duruisseau. il m'a toujours été dit qu'il a été enterré par la sui
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c’est mon arrière-arri? ?re-grand-pèr e de ma grand-mère.
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allan ehrhardt p&reudu poureu &treu r&susit& & r&susit& pour &tre p&reudu svp&
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ROLLAND Albert, François
Né le 28 janvier 1913 à Brest (Finistère), fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien, commune de Surenes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ouvrier de l’Arsenal de Brest ; syndicaliste CGT ; militant communiste ; résistant.Il avait 30 ans
Albert Rolland naquit le 28 janvier 1913 à Brest. Il était le fils de Jean Rolland et de Marie Héliès.
Le 30 janvier 1937, il épousa Louise Laurans, âgée de dix-huit ans. De leur union naquit un fils . Le 8 mai 1941, Louise Laurans décéda de maladie à son domicile à Brest. À la veille de la guerre Albert Rolland à Saint-Pierre-Quilbignon (Finistère), commune aujourd’hui intégrée à Brest.
D’après Eugène Kerbaul, Albert Rolland entra comme apprenti à l’atelier des bâtiments en fer de l’Arsenal de Brest le 1er septembre 1927. Il avait quatorze ans. Il y apprit le métier de forgeron. En 1935, il devint militant syndicaliste. Il adhéra au Parti communiste français en 1936.
Il devint propagandiste résistant sous l’occupation allemande, dès 1940. Il diffusa des journaux et des tracts du Parti communiste. La nuit, il participa à l’inscription de slogans anti-allemands sur les murs de Brest pendant le couvre-feu imposé par les autorités allemandes.
En octobre et décembre 1941, il participa, avec le groupe de Pierre Corre, dont il devint l’un des principaux adjoints, à l’organisation de grèves patriotiques à l’Arsenal de Brest, pour protester contre des exécutions de patriotes à Chateaubriand (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) et de membres du groupe de résistants appelé groupe Élie. Il s’occupa aussi de l’organisation clandestine de la CGT à l’Arsenal de Brest, reconstituée dans l’illégalité.
Le 26 mars 1942, il participa aux sabotages de sous-stations électriques à l’Arsenal. Trois sous-stations furent détruites, dont l’une par un groupe constituéd’Yves Prigent,Guy Drogou et Albert Rolland.
En mai 1942, il passa aux Francs-tireurs et partisans (FTP). Il prit alors part à de nombreuses actions anti-allemandes. Un dépôt d’armes et d’explosifs fut constitué à son domicile. Au mois de mai 1942, en compagnie de Joseph Ropars, il fit sauter un central téléphonique allemand rue de Verdun, à Saint-Marc, qui à cette époque était une commune à part entière.
Au mois de juin 1942, un local allemand explosa à Brest. La bombe artisanale avait été fabriquée à base de plastic par Albert Rolland. C’est la première fois qu’il disposait de cette matière. Par la suite il lui préféra la mélinite, la tolamite, ou la cordite, sorties de la poudrerie de Pont-de-Buis, ou encore la traditionnelle dynamite récupérée dans les carrières avoisinantes.
En juillet 1942, la célébration de la fête nationale fut interdite par les Allemands, avec l’accord du maréchal Pétain. Albert Rolland participa ce jour-là à des sabotages dits « commémoratifs », décidés par le Parti communiste. Ainsi, les tours et la station de pompage hydraulique de l’atelier des bâtiments en fer, qui produisait l’énergie nécessaire aux presses et vérins servant au formage des pièces les plus lourdes, furent sabotées à l’émeri.
Au mois de septembre 1942, Albert Rolland et ses compagnons de Résistance décidèrent de faire sauter la « Maison de Hitler », où étaient exposés des portraits des hauts personnages nazis. L’attentat n’eut pas lieu, en raison d’un dysfonctionnement du système de mise à feu de l’explosif. Durant le même mois, ils réussirent à faire exploser à la dynamite un pylône électrique qui servait à alimenter la commune de Saint-Marc.
Le 20 septembre 1942, Albert Rolland participa à l'attentat du Gasthaus, cercle pour les officiers de Kriegsmarine. La bombe, qui explosa vers 00 H 30, fit un nombre élevé de morts et blessés.
Le 29 septeembre 1942, alors qu'il se trouvait à son domicile, Albert Rolland fut arrêté par les policiers du Service de police anticommuniste ( SPAC). Ces policiers étaient arrivés quelques jours avant à Brest, et s'étaient vus remettre, par les policiers locaux, les rapports d'enquête clôturés ou en cours. Il fut incarcéré dans le château de Brest jusqu'au 28 janvier 1943. Au cours des interrogatoires, il fut affreusement torturé par les policiers français.
Le 29 janvier 1943, il fut tranféré à Renne où il fut jugé par le tribunal spécial. Il subit encore des interrogatoires avec tortures jusqu'à la fin du mois de mars 1943. Il devait être défendu à Renne par Maître Maulion, avocat à la cours, mais ce dernier apprit, fin mai 1943, que le tribunal spécial de Rennes renvoyait l'affaire à Paris, afin que soit prononcé un jugement par un tribunal militaire allemand qualifié de compétent. Albert Rolland fut étiqueté comme dangereux terroriste par l'occupant.
Dans la nuit du mercredi 28 juillet au jeudi 29 juillet 1943, il fut transféré avec dix huit de ses compagnons à la prison de Fresne. Il dut laisser ses affaires personnelles à Rennes, afin que celle-ci soient restituées à sa famille, annoçant une issue fatale à sa détention.
Le 28 septembre 1943, le tribunal de guerre allemand le condamna à mort pour "acte de sabotage et de terrorisme contre les occupation allemandes" ou " action de franc-tireur".
Le 17 septembre 1943, à 16 heures, il fut rxécuté à la forterese du Mont-Valérien avec ses dix huit compagnons, membres de l'organisation des FTP brestoise.
Il fut inhumé le même jour au cimetière d'Ivry-Sur-Seine. Son corp fut restitué à la commune de Brest le 21 septembre 1947.
Les dépouilles mortelles de onze corps "Mort pour la France", dont il faisait partie, furent exposées durant vingt quatre heures dans la chapelle du cimetière de Kerfautras à Brest, où le public fut invité à leur rendre une dernière fois 'hommage dû à leur sacrifice".
Son corps fut enterré au cimetière Kerfautras.
Le 30 août 1946, il fut cité à l'ordre de la brigade n°421, à titre posthume, par le général de division Préaud, commandant la 3e région militaire. Cette citation porte l'attribution de la Croix de Guerre avec étoile de Bronze.
Le 12 juillet 1949, la commission d'homologation des grades Forces Françaises de l'Intérieur ( FFI) accorda l'homologation dans le grade de Sergent-Chef.
Le 27 juin 1955, par décret du même jour publié au Journal officiel le 1er juillet 1955, il fut décoré de la Médaille militaire, de la Croix de guerre avec palme de bronze et de laMédaille de la Résistance à titre posthume. Il fut également décoré de la Médaille de la déportation et de l’internement pour faits de Résistance.
Le nom d’Albert Rolland avait été oublié lorsqu’en 2003 les noms des fusillés du Mont-Valérien avaient été gravés sur le moule de la cloche qui s’élève devant la chapelle.
Le 15 octobre 2010, la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives du ministère de la Défense a mis à jour la liste des résistants et otages exécutés au Mont-Valérien.
Celle-ci comporte désormais 1 010 noms, dont celui d’Albert Rolland.
DE BORTOLI Carlo, Antonio
Né le 30 avril 1909 à San Quirino (Italie), fusillé le 22 août 1942 au stand de tir du ministère de l’Air à Paris (XVe arr.) ; artisan mosaïste ; militant communiste ; résistant membre de l’Organisation spéciale (OS) et des FTPF. Il avait 33 ans.
Carlo De Bartoli arriva à Paris en mai 1925 avec son père et ses deux frères, pour fuir la misère et les violences fascistes. Cette année-là, il rencontra Aline, à Paris, venue elle aussi de sa Bretagne natale pour vivre une vie meilleure que celle de ses parents, agriculteurs sans terres. Ils se marièrent à la mairie du VIIIe arrondissement et eurent deux enfants.
Ouvrier du bâtiment, il fut petit artisan dans les Côtes-du-Nord (Côtes-d’Armor). Il vint à Brest en 1936, et adhéra aussitôt au Parti communiste, dont il devint un militant très actif.
Il milita aussi beaucoup à l’Union populaire italienne qui regroupait en Bretagne nombre de militants antifascistes italiens et pour laquelle il organisa de nombreuses réunions dans le Finistère et les Côtes-du-Nord. Il participa très étroitement à la solidarité avec l’Espagne républicaine.
En 1939, il fit voter par les Italiens antifascistes de la région brestoise une motion où ils s’engageaient à défendre la France contre toute attaque fasciste, y compris de l’Italie mussolinienne.
Quelques mois plus tard, fidèle à son attitude, il voulut s’engager dans l’armée française, mais il fut refusé car il était sans doute suspect aux yeux des autorités de la « drôle de guerre » ; de même on lui refusa la naturalisation française.
Fin 1939, il participa à la reconstruction dans la clandestinité du Parti communiste que le gouvernement Daladier venait d’interdire.
Au début 1941, il se vit confier, par la direction du Parti communiste de Brest, l’organisation du Parti communiste dans le secteur du bâtiment. Ce secteur était en pleine expansion du fait de l’ampleur des travaux ordonnés par la Wehrmacht, la Kriegsmarine, et la Luftwaffe. Une main-d’œuvre à la recherche de travail affluait alors vers ces chantiers même si ce n’était pas de gaieté de cœur, car il n’y avait pas d’autres emplois dans la région brestoise. Charles De Bortoli organisa plusieurs groupes du Parti communiste parmi les gars du bâtiment. Puis il organisa un groupe de l’Organisation spéciale (OS) du Parti communiste, qui effectua des sabotages sur les chantiers, avec l’appui d’autres communistes.
En mars 1941, il aurait participé à l’immersion en rade de Brest des corps de trois (ou cinq) soldats allemands abattus par un autre groupe de l’OS du PCF. En même temps, il menait une grande activité de propagande résistante communiste, en diffusant des tracts et journaux du PCF et du FN.
Carlo De Bortoli était domicilié à Brest (Finistère) au moment de son arrestation. Il travaillait alors à l’École navale de Brest. Ancien artisan, il était responsable de l’organisation armée au sein des travailleurs du bâtiment.
Entré dans la Résistance, il fut immatriculé aux FTP à partir d’avril 1942.
Il fut arrêté le 28 avril 1942 à Brest par la police française et des inspecteurs allemands,en compagnie de Charles Cadiou, Yves Prigent et Mathurin Le Goff,tous de Brest, lors d’un transport de matériel d’imprimerie, vers 20 h 30.
Condamné à mort par le tribunal militaire allemand de Brest le 15 mai 1942 pour propagande anti-allemande, sabotages dans une base navale, et actes de franc-tireur, il fut interné à Brest du 28 avril au 24 juin, puis Rennes, du 25 juin au 24 juillet, et enfin à Fresnes du 27 juin au 22 août 1942, date à laquelle il a été fusillé (place Balard à Paris).
Son corps fut jeté le jour même dans une fosse commune du cimetière parisien d’Ivry où 828 dépouilles de suppliciés furent découvertes à la Libération.
Sa femme, Aline, retirée à Lesconil pour sa retraite, mourut à quatre-vingt-seize ans en 2004. Responsable du Comité des femmes patriotes de Brest, recherchée par la Gestapo, elle dut fuir les bombardements sur Brest en février 1943 et se réfugia à Bréhand, dans les Côtes-du-Nord (Côtes-d’Armor), jusqu’à la Libération.
Elle y poursuivit ses activités de résistance en tant qu’agent de liaison entre les maquis tout en diffusant tracts et journaux, hébergeant des résistants, récoltant matériel et nourriture pour les combattants.
Elle fut par la suite vice-présidente de l’Association des anciens combattants de la Résistance (ANACR) du Finistère et responsable départementale de l’association des familles de fusillés et de massacrés de la résistance. Elle était « combattant volontaire de la Résistance ».
L’acte officiel de décès de Carlo de Bortoli fut prononcé par le ministère des Anciens Combattants et Victimes de guerre, le 19 décembre 1945, n° 11.390.
Homologué adjudant à titre posthume, médaillé de la Résistance, il fut cité à l’ordre du jour n° 40 de la division comportant l’attribution de la Croix de guerre.
GOURVENNEC René, Prosper
Né le 11 novembre 1913 à Brest (Finistère), fusillé le 10 décembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ouvrier à l’Arsenal à Brest ; membre du groupe Élie. Il avait 28 ans.
Fils de Louis Marie Gourvennec, ajusteur, et de Marie Angèle Dohollou, sans profession, René Gourvennec se maria le 10 octobre 1936 à Brest avec Adèle Yvonne Jaouen, dite Yvonne. Le couple eut un enfant.
Armurier à l’artillerie navale de l’Arsenal de Brest, René Gourvennec était membre de la défense passive.
Cet ancien de Maistrance, second maître dans la Royale et vétéran de la guerre de 1939-1940, appartenait au groupe de résistance formé dès novembre 1940 par Louis Élie, entrepreneur de transports.
En février 1941, ce groupe fut rattaché au réseau CND Castille (Confrérie Notre-Dame) des FFC (Forces françaises combattantes), puis à Défense de la France. La plupart de ses membres faisaient partie du patronage catholique Saint-Martin. La mission du groupe Élie consistait notamment à récupérer des armes dans des cafés fréquentés par lesAllemands.
Les premières consignes furent de recruter d’autres patriotes. Dès la mi-septembre 1940, le groupe Élie était une organisation de résistance parfaitement structurée, avec cadres politiques et militaires, agents de liaison, PC, boîtes aux lettres et service de renseignements.
Il organisa le vol d’armes aux Allemands, procéda à la récupération d’explosifs et de grenades dans les locaux de la pyrotechnie de Saint-Nicolas au Relecq-Kerhuon. Des coups de main furent organisés contre les patrouilles allemandes. Il attaqua la prison de Pontaniou et libéra 8 prisonniers dans la nuit du 18 au 19 mars 1941.
Dans la soirée du 4 avril 1941 il fit sauter l’hôtel Continental de Brest où se tenait un banquet en l’honneur des officiers des croiseurs Scharnhorst et Gneisenau arrivés à Brest le 22 mars 1941.
C’est lors d’une de ces opérations de récupération d’armes, le 28 avril 1941, que se joua le destin du groupe, lors d’une bagarre dans un café de la rue Blanc avec plusieurs soldats allemands. Si tous parvinrent à s’échapper, la Gestapo, par l’arrestation d’un suspect, mit ensuite la main sur une liste de noms dont plusieurs des membres du groupe Élie, qui furent arrêtés les uns après les autres.
René Gourvennec, devenu agent P2, fut arrêté par la Gestapo, le 18 mai 1941, chez ses parents, à la suite d’une dénonciation.
Commencée le 13 mai 1941, jusqu’à la fin juin, la vague d’arrestations démantela le réseau.
René Gourvennec fut interné à la prison du Bouguen avec les autres membres du groupe, puis, après un bombardement anglais qui détruisit une partie de la prison début juillet, bombardement au cours duquel ses parents furent tués, il fut transféré à la prison de Fresnes avec la majorité des membres du groupe. Il y fut interné jusqu’à son exécution, le 10 décembre 1941.
Le procès dugroupe Élie débuta le 8 novembre 1941, à Paris, dans les locaux de l’hôtel Continental rue de Castiglione. La sentence tomba le 24 novembre : onze résistants furent condamnés à mort, vingt furent condamnés à des peines de réclusion variant de 5 à 15 ans ; parmi eux 5 moururent en déportation, et un fut porté disparu.
René Gourvennec fit partie des condamnés à mort, pour détention d’armes, de munitions et d’explosifs, pour violence préméditée (actes de franc-tireur) contre des membres de l’armée allemande, agissements en faveur de l’ennemi et menées gaullistes, et pour espionnage.
Il a été fusillé le 10 décembre 1941 au Mont-Valérien.
Un service religieux célébré en mémoiredu groupe Élie à Saint-Martin le 8 janvier 1942 réunit plusieurs centaines de personnes.
René Gourvennec a été reconnu « Mort pour la France », fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume par décret du 9 août 1953 (JO du 25 août 1953), homologué sous-lieutenant à titre posthume ; il a reçu la Croix de guerre avec étoile d’argent, à titre posthume par ordre n° 394 ainsi que la Médaille de la Résistance.
TEURROC Jean, Marie
Né le 26 mars 1906 à Saint-Pol-de-Léon (Finistère), fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ajusteur à la SNCF ; syndicaliste CGT ; militant communiste ; résistant au sein de l’Organisation spéciale (OS) puis des FTPF. Il avait 37 ans.
Fils de Paul, Marie Teurroc, employé, et de Joséphine Goasdoué, ménagère, Jean Teurroc, ajusteur au dépôt de Brest (Finistère) de la SNCF, adhéra à la CGT en 1936 au dépôt de Brest.
D’après Eugène Kerbaul, il adhéra au Parti communiste clandestin sous l’occupation allemande en janvier 1941. Il intégra le groupe OS des cheminots communistes brestois dès sa formation, ce même mois de janvier 1941, avec Ténéran Monot, Roger Chaigneau et Coicadan.
Il participa aux premiers sabotages qui, par la valse des étiquettes des wagons, désorganisèrent le trafic. Des dizaines de wagons furent immobilisés dans la première quinzaine de février 1941, au point d’embouteiller les voies du port de commerce et de la gare du Rody. Des wagons en souffrance durent être stationnés sur la voie montante de Paris-Brest, obligeant la SNCF à faire circuler les trains montants et descendants sur la même voie. Une équipe de la police viendra de Rennes (Ille-et-Vilaine) pour enquêter sur ces sabotages.
En compagnie de Ténéran Monot et de Mazé, qui, comme cheminots, disposaient d’Ausweiss et pouvaient se déplacer librement, il participa à des « opération punitives » la nuit, sur le port de commerce de Brest, contre les soldats allemands. Elles donnèrent lieu à la publication, les 27 et 28 mars 1841, d’Avis de la Kommandantur à propos « de soldats allemands lâchement molestés la nuit ».
On doit à Jean Teurroc de nombreux autres sabotages à la gare et au dépôt SNCF de Brest. Il avait inventé un procédé particulier de sabotage des locomotives à vapeur, que les résistant appelèrent la « goupille brestoise », ce type de sabotage étant repris en divers endroits de France par d’autres cheminots. Il s’agissait, après s’être glissé sous la locomotive, de remplacer certaines goupilles en acier par des goupilles plus fragiles, soit sciées à demi, soit en bois. Elles ne tenaient que quelques kilomètres, et disparaissaient ensuite en fragments dispersés le long de la voie. Il préconisa l’emploi d’acide dans les boîtes de graissage d’essieux de wagons, ce qui provoqua des dégâts assez loin du lieu de sabotage, rendant alors difficile d’en déterminer l’origine. Il sabota aussi des machines-outils.
Jean Teurroc sabota à l’explosif les plaques tournantes de la gare de Brest, qui permettaient l’entrée des machines dans les ateliers de réparation. Fin 1942, en compagnie d' André Berger, il sabota, toujours à l’explosif, le tableau électrique de la gare de Brest.
C’est après ce sabotage qu’à la suite d’une altercation avec un chef de service celui-ci le dénonça comme suspect.
Il fut arrêté le 21 janvier 1943 à Brest, où il fut emprisonné et torturé.
Il fut transféré à Rennes en mars 1943, puis à Fougères, où il fut à nouveau abominablement torturé par les policiers français et allemands. Très affaibli par les sévices subis, il se blessa grièvement en tombant d’un lit superposé à la prison de Rennes. Les Allemands le firent opérer à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) et veillèrent à ce qu’il soit bien soigné. Le 16 août il le transférèrent à Fresnes (Seine, Val-de-Marne).
Il fut jugé le 28 août 1943, par le tribunal allemand du Gross Paris, 11 rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.), et condamné à mort pour actes de franc-tireur et sabotages.
Jean Teurroc a été fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien, en même temps que dix-huit autres résistants communistes brestois.
Il fut inhumé au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne).
La mention « Mort pour la France » lui fut attribuée par le tribunal civil de Brest en date du 12 janvier 1945.
DEPARTOUT Louis, Théophile
Né le 2 mai 1916 à Brest, fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; électricien à l’Arsenal de Brest ; communiste, résistant, FTPF. Il avait 27 ans.
Fils d’Aimé François Henri Departout et de Marguerite Le Menn, Louis Departout se maria le 21 juin 1937 au Faou (Finistère) avec Marie-Louise Courtois. Celle-ci décéda le 30 juin 1938, après la naissance d’une fille. Il se remaria le 6 janvier 1941 au Relecq-Kerhuon (Finistère), avec Louise Gabrielle Jézéquel, et eut deux filles nées au Relecq-Kerhuon . Dont une mourut le 28 avril 1945.
Louis Departout était ouvrier à l’Arsenal de Brest, où il exerçait le métier d’électricien. Comme tous les ouvriers de l’Arsenal habitant Kerhuon, il prenait le matin le train pour Brest à la gare du Rody, située à proximité de son domicile au Relecq-Kerhuon.
Il participa, sans être alors membre du Parti communiste, aux grèves patriotiques des ouvriers de l’Arsenal, le 25 octobre 1941, contre le massacre des otages de Chateaubriand, et en décembre de la même année contre l’exécution d’autres résistants.
Louis Departout fut l’un des premiers FTP de la région brestoise, membre du groupe de Pierre Corre, Bataillon Guilloux, à la création des FTPF.
Le 26 mars 1942, d’après Eugène Kerbaul, Louis Departout participa à une grande opération de sabotage. La résistance communiste de l’Arsenal organisa un grand coup contre les installations électriques de l’Arsenal. Comme des ouvriers travaillaient de nuit à la centrale électrique, il fut décidé de ne pas s’y attaquer, et de détruire seulement les sous-stations. La Résistance ne disposant pas de cordons de Bickford, on testa, puis on utilisa de la mèche à briquet à essence.
Neuf équipes furent constituées qui se répartirent les sites d’intervention. Avec Paul Monot et un troisième dont le nom a été oublié, Louis Departout fit sauter la sous-station de l’école de Maistrance. L’effet de ce sabotage fut considérable non seulement du point de vue de la paralysie partielle de l’Arsenal par privation d’électricité pour une part notable (certains secteurs de l’Arsenal furent privés d’électricité pendant cinq jours), mais aussi sur le personnel français et sur les militaires allemands.
Les polices française et allemande s’étant vite mobilisées, elles arrêtèrent en fin d’après-midi Lucien Kérouanton qui réussit à s’enfuir grâce à des complicités. Il sortit de l’Arsenal, ``couvert’’ par Louis Departout qui n’avait pas été repéré, et ne fut pas inquiété, sans doute parce qu’il n’avait jamais été membre du Parti communiste, ni un militant syndical de premier plan.
D’après Eugène Kerbaul, Louis Departout adhéra ce jour-là au Parti communiste, en même temps que Joseph Ropars. Ils auraient dit à Lucien Kérouanton, car il était évident qu’il fallait qu’il quittât la région, ce qu’il fit : « Nous prenons ta place dans le parti. »Louis Departout devint chef de groupe FTPF en mai 1942.
Le 14 juillet 1942, pour la fête nationale, Louis Departout participa, sous la direction de Pierre Corre, en compagnie de Pierre Le Bec et Paul Le Gent, à une action de sabotage des machines de l’atelier des Bâtiments en fer de l’Arsenal, situé sous l’actuel pont de l’Harteloire. Des tours, la station de pompage hydraulique servant au vidage des bassins, qui servait aussi à fournir l’énergie aux presses et vérins servant au formatage des pièces les plus lourdes, furent sabotés à l’émeri. Les courroies de transmission, servant à apporter l’énergie aux tours Somua de l’atelier des machines, et aux autres machines-outils, furent coupées, les rendant inertes pendant plusieurs jours.
Louis Departout fut arrêté dans la nuit du 1er au 2 octobre 1942, sur dénonciation, par la police de Vichy, en même temps que seize autres militants FTP, dans le cadre d’une enquête confiée au Service de police anticommuniste (SPAC) qui s’échelonnera du 26 septembre 1942 à février 1943.
D’abord répartis dans les trois commissariats de la ville, les prisonniers furent regroupés dans la matinée dans une cellule du commissariat de Saint-Martin. Pour leur transfert à la prison de Pontaniou, ils furent munis chacun de trois paires de menottes. L’une les maintenait les mains derrière le dos, et, à chaque poignet, une paire les reliait de part et d’autre à un gendarme. Mais, chose inhabituelle pour des « terroristes », les gendarmes les traitèrent avec beaucoup de correction pour les faire monter dans l’autocar qui les conduisait à la prison. Ils avaient tous mis des gants blancs.
Lors de leur transfert au Château, le 5 octobre, les gendarmes furent, à nouveau, très corrects, en gants blancs, sous les ordres d’un officier.Parmi les personnes arrêtées, il y avait Joseph Ropars, Albert Rannou, Eugène Lafleur, Yves Gilloux, Paul Monot, Henri Moreau,fusillés au Mont-Valérien à Suresnes, et une vingtaine d’autres, toutes de Brest, dont Mathurin Le Goff, qui survécut, et devint conseiller municipal de Brest après la Libération.
Celui-ci attesta en 1952 que Louis Departout avait « été arrêté le 2 octobre 1942 par la police de Vichy, puis interné avec moi, aux prisons de Pontaniou, et du Château de Brest, Jacques-Cartier à Rennes, et prison de Fresnes, où le 28 août 1943 nous fûmes jugés par le tribunal allemand ».
Louis Departout fut interné au Château de Brest, du 8 octobre 1942 au 28 janvier 1943, et y subit la torture.
Il fut transféré à Rennes et interné à la prison Jacques-Cartier du 28 janvier au 28 juillet 1943. Il fut transféré à Fresnes et interné du 27 juillet au 17 septembre 1943.
Le 28 août 1943, il fut condamné à la peine de mort par le conseil de guerre allemand de Fresnes (Komm. Von Gros Rosen Paris 161/43) pour diffusion de tracts et journaux anti-allemands, recrutement, sabotage par explosif d’une sous-station électrique le 28 mars 1942, actes de terrorisme et sabotages dirigés contre les troupes d’occupation.
Il a été fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien (Suresnes) en même temps que dix-huit autres résistants communistes brestois, et son corps fut inhumé au cimetière d’Ivry.
Il a été déclaré « Mort pour la France » et homologué sergent par la 3e région militaire, le 6 juin 1946.
À titre posthume, il fut décoré de Légion d’honneur, de la Médaille militaire, de la Médaille de la Résistance, de la Croix de guerre avec étoile de bronze.
La ville du Relecq-Kerhuon donna son nom à l’une de ses rues.
PRIGENT Joseph, Marie
Né le 22 septembre 1918 à Châteaulin (Finistère), fusillé le 10 décembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ajusteur armurier à l’Arsenal de Brest (Finistère) ; membre du groupe Élie rattaché au réseau Confrérie Notre-Dame (CND) Castille. Il avait 23 ans.
Joseph Prigent était marié. Il eut une fille, Josiane, née après son arrestation le 30 mai 1941. Il habitait à Lambézellec (aujourd’hui quartier de la ville de Brest, Finistère).
Ajusteur armurier à l’Arsenal de Brest, dès le mois d’août 1940 il fut recruté dans la Résistance par Louis Élie, un entrepreneur de transport, alors qu’ils faisaient partie tous les deux de la défense passive
Au mois d’octobre 1940, l’organisation de Résistance initiée par Louis Élie, était parfaitement structurée. Elle comportait un service de renseignements et un service action qui s’attacha à subtiliser des armes aux soldats allemands dans les cafés.
Le 18 mars 1941, Joseph Prigent participa à un commando qui fit évader neuf personnes de la prison de Pontaniou à Brest, dont deux Canadiens, plusieurs marins-pêcheurs de Camaret (Finistère), coupables de transferts vers l’Angleterre, et plusieurs jeunes de Lannion (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) condamnés à mort pour terrorisme.
On attribue aussi au groupe Élie un attentat à la bombe à l’hôtel Continental, siège des autorités allemandes à Brest, qui eut lieu le 4 avril 1941, et qui fut parachevé par l’explosion d’une bombe incendiaire larguée par un avion britannique.
Le 30 avril 1941, vers 2 heures, Joseph Prigent, Albert Muller et François Quéméner attaquèrent quatre Allemands installés au café des PTT, rue Louis-Blanc. Les allemands parvinrent à s'enfuir , mais Albert Muller de six balles dans le ventre. Il fut conduit chez un médecin, qui appela l’ambulance municipale. Il fut opéré le 1er mai, et, jugé transportable, il rentra chez lui le 10 mai 1941, sur sa demande.
Le 13 mai dans l’après-midi, des Allemands frappèrent à sa porte et l’emmenèrent, malgré son état, jusqu’à leurs locaux de l’école Bonne-Nouvelle. Il fut le premier d’une longue série d’arrestations qui s’étalera jusqu’à la fin juin 1941.
Le 14 mai, Joseph Prigent fut arrêté à son tour. Après un passage à Bonne-Nouvelle, les résistants étaient conduits, les uns après les autres, à la prison du Bouguen, à Brest.
Le 5 juillet 1941, Joseph Prigent fut transféré à Rennes (Ille-et-Vilaine) puis le 5 juillet à Fresnes (Seine, Val-de-Marne).
Il fut condamné à mort le 22 novembre 1941 par le tribunal allemand du Gross Paris, situé rue Boissy-d’Anglas, puis fusillé au Mont-Valérien le 10 décembre 1941 avec dix autres de ses camarades, dont le fondateur du groupe, Louis Élie. Vingt autres avaient été condamnés à des peines de réclusion variant de cinq à quinze ans ; parmi eux, cinq moururent en déportation et un fut porté disparu.
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